Le Travel de demain : vers un tourisme plus responsable

Le développement du tourisme au fil des années et notamment le tourisme de masse a fini par engendrer ce que l’on connaît aujourd’hui comme le phénomène de l’over-tourisme. C’est un phénomène de surfréquentation et de saturation réelle ou perçue des sites touristiques. L’atteinte ou le dépassement du seuil de capacité d’accueil d’un territoire est le signal d’une surfréquentation. Cette surpopulation de touristes au même moment dans un lieu touristique pousse à la dégradation écologique et/ou sociale de celui-ci, ce qui a une incidence négative permanente sur le mode de vie, le confort et le bien-être des riverains. Un chiffre clé qui illustre bien ce phénomène :

Selon l’OMT, 95% des touristes mondiaux se concentrent seulement sur 5% des territoires.

Ainsi, aujourd’hui, certaines destinations sont surchargées. Nous pouvons prendre par exemple le cas de l’Islande et de ses 350 000 habitants qui ont accueilli en 2018 2,4 millions de touristes, ou encore les Îles Baléares qui avec 1 million d’habitants, en ont accueilli 16 millions en 2018.

L’over-tourisme et plus généralement les problématiques liées à l’environnement poussent les acteurs du tourisme et les voyageurs à se tourner vers un tourisme plus écologique, dans une logique de développement durable. On parle alors de tourisme durable et responsable, qui s’oppose au tourisme de masse en allant chercher des formes de tourisme alternatif qui respectent et préservent les ressources naturelles et patrimoniales d’un territoire, tout en améliorant les conditions de vie des communautés qui y résident. Ainsi on voit apparaître de nouvelles formes de tourisme plus doux telles que le slow tourisme qui met en avant un tourisme plus lent, le tourisme créatif qui permet aux voyageurs de vivre des expériences comme s’ils étaient des locaux, ou encore le tourisme fluvial, le cyclotourisme, le géotourisme, le tourisme vert, tourisme culturel, etc.

Dans cette voie vers un tourisme plus responsable et durable, nous voyons apparaître des acteurs éco-responsable et des labels qui vont justement prôner ces valeurs. Nous pouvons citer par exemple le réseau ATD (Acteurs du Tourisme Durable) qui se positionne comme le représentant français des acteurs du tourisme durable, de par la création de synergies et la valorisation de bonnes pratiques, et visant à faire évoluer l’ensemble du secteur vers un développement durable du tourisme. Ses principales missions sont de :

  • FÉDÉRER l’ensemble du secteur touristique et favoriser les synergies dans le sens du progrès durable
  • PROMOUVOIR le tourisme durable, valoriser et récompenser les acteurs engagés
  • INFORMER les membres sur les bonnes pratiques, les outils, la réglementation, l’évolution des attentes clientèles
  • FORMER les professionnels et futurs professionnels à la nécessité d’intégrer les enjeux du développement durable dans leur métier
  • REPRÉSENTER auprès des instances professionnelles, institutionnelles et des médias

Nous retrouvons également l’association ATR (Agir pour une Tourisme Responsable), née en 2004 à la suite de la réunion des principaux tour-opérateurs d’aventures qui souhaitaient améliorer l’impact de leur activité sur la planète et ses habitants. Des opérateurs thématiques, spécialistes des voyages sur mesure et plus largement des voyagistes généralistes ont par la suite rejoint l’association. Aujourd’hui elle est composée de principaux opérateurs de voyages engagés dans le tourisme responsable, de toute taille, de tout horizon, spécialistes ou non de types de voyages ou de destinations. Les membres de cette organisation prônent le respect, la qualité et la solidarité dans chacun de leurs voyages. Ces valeurs sont ainsi devenues la base du label créé par l’association afin d’offrir une certification aux voyagistes souhaitant œuvrer pour un tourisme plus responsable. Ce label ATR repose sur un référentiel de 16 critères regroupés en 3 axes : transparence et sensibilisation client ; partenariat avec les fournisseurs ; et cohérence avec les équipes.

Des outils sont également créés tels que celui mis en place par Travel Life qui fournit une norme de certification abordable et innovante pour évaluer, prouver et communiquer sur les réalisations de développement durable dans l’industrie du tourisme. Travel Life accompagne les TO grâce à son outil qui permet de former les agents de voyages par le biais de vidéos de formation, mais également d’accompagner dans la gestion de projets.

En parallèle, il s’est diffusée du côté des entreprises une conscientisation du rôle qu’elles avaient à jouer concernant leurs propres impacts écologiques, économiques et sociétaux quant aux activités dans lesquelles elles étaient impliquées, et sur les terres et les populations qu’elles exploitent dans le cadre de celles-ci.

En 2020, il est important de réaliser qu’un fort engagement RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) et la politique sociale d’une entreprise ne vont pas à l’encontre de ses intérêts commerciaux, mais concourent au contraire à la performance générale de cette dernière. En effet, selon une étude menée par France Stratégie (organisme rattaché au Premier Ministre), les entreprises disposant d’une bonne stratégie RSE sont en moyenne 13% plus performantes que les autres.  Ainsi, intégrer à sa stratégie globale une dimension RSE permet une réduction des coûts et une meilleure anticipation des risques. En adoptant un business-model plus responsable, les entreprises aiguisent leurs processus d’identification des risques (fournisseurs, financiers, risques de détérioration l’image et perte de l’opinion publique liées aux mauvaises pratiques) permettant ainsi de mettre en lumière leurs propres points faibles grâce à ce que l’on appelle une démarche de prospective RSE.

De plus, une démarche RSE permet de se différencier tant pour les salariés que pour les fournisseurs ou entreprises partenaires. Pour ce qui est du recrutement, l’entreprise est plus attrayante, le turn-over est considérablement diminué, la dynamique interne est meilleure, le management plus simple et plus productif… Il semblerait que la productivité générale soit amplifiée grâce à une meilleure implication des salariés qui tirent de la gratification à participer et à être engagés dans des démarches responsables. La motivation au travail est grandissante et participe à une ambiance et à des conditions de travail plus agréables. Elle aide aussi à l’intégration et à la compétitivité sur les marchés et sert d’outil pour identifier les fournisseurs ou partenaires fiables via l’obtention de labels qui vont apporter une certaine crédibilité.

Dernièrement, ces démarches séduisent également les consommateurs chez qui on remarque une confiance ainsi qu’une fidélisation accrue.

Nous pouvons donc affirmer que le Travel de demain va vers un tourisme plus responsable et que ce tourisme est bénéfique pour tout le monde, que ce soit d’un point de vue environnement, sociétale ou économique.